[Ciné] Mister Babadookdookdook

Jennifer Kent nous propose, pour son tout premier film, de nous plonger dans l’horreur. L’horreur est un sujet vastement traité et on aime ou on n’aime pas. J’adore faire des soirées films d’horreur entre amis, mais pour le coup, je l’ai vu une fois, c’est cool, il m’a traumatisée, je ne le verrai pas une seconde fois… Mais c’est pour moi un film incontournable devant lequel vous devrez vous ouvrir complètement. Ou pas… Tout dépend de l’état dans lequel vous souhaitez sortir de la projection. Je suis ressortie de là en enfouissant mes émotions tant bien que mal… Attention, spoilers au dernier paragraphe, mais je vous recommande vivement d’aller voir ce film, surtout si vous avez tendance à « vivre » avec ce dernier lorsque vous le visionnez.

L’amour dans la douleur

Mister Babadook, est un film assez compliqué à expliquer dans le sens où chacun se fait sa propre idée. Ce qui permet parfois de laisser sortir certains démons qui font mal. Amelia travaille dans le milieu hospitalier et elle est la maman d’un petit Samuel, 6 ans. Ce petit garçon a perdu son papa dans un accident aussi terrible que brutal et sa maman semble lui en vouloir et n’arrive pas à lui apporter l’amour qu’il recherche et mérite. Tous les soirs, elle prend le temps de lui lire une histoire jusqu’au jour où un nouveau livre les trouve : « Mister Babadook ». Samuel est perturbé, violent, angoissé, angoissant, crispant, incontrôlable et il ne dort plus. Babadook hante ses nuits et ses journées. Ses visions deviennent plus persistantes, plus intenses, plus imprévisibles et démesurées. Amelia commence à ressentir la fatigue, l’épuisement profond des insomnies et des crises de son fils. Elle ressent le mal autour d’elle et ne peux plus avoir de vie sociale. Jusqu’au jour où le Babadook s’empare également de ses nuits.

Les choix de Jennifer Kent

« Pour la forme du film, j’ai beaucoup repensé aux premiers films muets d’horreur, en noir et blanc, ils sont aussi beaux que saisissants, et souvent plein de poésie. C’est le point de départ esthétique de MISTER BABADOOK. Le film s’inspire à la fois de ces univers visuels audacieux tout en y inscrivant ma marque personnelle et contemporaine.
L’expressionisme allemand qui rendait visible l’intérieur des choses – en extériorisant les émotions, et en les matérialisant dans les décors et le travail de la caméra, fait aussi partie de mes influences. L’intensité de ce style créé un langage visuel parfait pour un film d’horreur, où la psychologie et l’émotion cohabitent avec la frayeur. En ce sens, je pense que MISTER BABADOOK, par la trame de son récit et par son univers sonore et visuel, est quelque peu différent des autres films de genre. S’il en réunit les codes, auxquels le public d’aficionados est habitué, je crois et j’espère qu’il peut toucher beaucoup d’autres spectateurs. »
Les jeux d’acteurs sont exceptionnels, Noah Wiseman joue le rôle de Samuel à la perfection, on a parfois nous-même envie de le tuer, puis on finit par s’y attacher. Quant à Essie Davis dans le rôle d’Amelia, sa souffrance nous perce, nous fait mal à nous en couper le souffle.

Mon avis très personnel

La bande annonce me donnait déjà des frissons et continue de m’en donner lorsque je la regarde. Ce film est extrêmement bien réalisé, on sent la tension qui monte tout du long, même si certains passages essaient de nous détendre, les sons, les musiques, les bruits sont omniprésents, ce qui accroît l’anxiété du téléspectateur. Impossible de savoir quand quelque chose va se passer, les surprises sont réussies. C’est un film qui m’a mis très très mal à l’aise et qui a fait ressortir beaucoup de douleurs. Nous avons eu droit à une séance de questions réponses avec Jennifer Kent qui est très intéressante et douce, et on ne croirait pas qu’une telle femme puisse nous plonger au plus profond de notre souffrance.

SPOILER – Un voyage en enfer, vers l’apaisement

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